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Bonne pioche!
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Écrit par Frédéric
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Dimanche, 04 Juillet 2010 09:38 |
Lorsque cet éléphant s’est approché de moi, au petit matin, je me suis demandé d’où venait cette indomptable attirance envers lui. Puis je me suis rappelé que j’avais été aussi un animal sauvage avant d’être dompté et apprivoisé par la civilisation.
Ton regard, cher Éléphant, était d’une force incroyable. Peut-être voyais-je dans tes yeux ce que j’étais devenu, au mieux un lâche, au pire un fou enfermé dehors. Il a fallu que je lutte contre cette irrésistible envie de te caresser, de te parler. Ne rien faire, ne rien dire pour te préserver de la civilisation, de ma civilisation, celle dans laquelle je suis enfermé, dompté pour la vie. Une caresse aurait pu t’être fatale.
J’aurais voulu te donner des nouvelles du monde civilisé mais à quoi bon t’inquiéter ? Contrairement à toi, programmer pour agir j’ai été programmé pour apprendre paraît-il. J’ai assimilé le langage, des mœurs et traditions, la politesse (si, si un peu), une manière de vivre et de bien me comporter. Il est vrai que je sais me tenir debout sur mes pattes arrières, moi! Tu n’es qu’un être d’instinct et moi un être de raison, cher éléphant. Voilà ce qu’on m’a enseigné à l’école. Mais j’ai envie de douter aujourd’hui. Je sais ta sensibilité capable d’être communiquée et partagée à des milliers de kilomètres avec les autres éléphants pour prévenir d’un danger. Je t’ai vu ne pas supporter le cadavre d’un parent malmené par ces sauvages de félins.
Je pense à Victor de l’Aveyron cet enfant sauvage ramené - à force d’apprentissages intensifs - à l’humanité. Il ne possédait pas de langage élaboré contrairement à toi. Ta sociabilité n’a rien à envier à son incapacité à vivre en société et enfin comme toi il ne savait pas tenir debout. Alors pourquoi te refuse-t-on l’humanité ? Ces génies de laboratoire ont une arme terrible dans leurs mains qu’on appelle la classification. Des flèches plantées dans le cœur de chacun d’entre nous, avec au bout, pour poison mortel, non pas ton Euphorbia Damarana, mais une étiquette. Une étiquette indécollable, indélébile, pour la vie.
Il y a de la culture chez toi, je l’ai vu. Il y a de la nature chez moi, j’y tiens. Ma spontanéité, les caractéristiques de mon corps humain que je partage avec ces milliards d’autres sont la preuve que je suis aussi un homme de nature.
Et puis enfin je dois t’avouer l’inavouable. Sais-tu que l’homme a la prétention que lui seul connaît la distinction entre le bien et le mal, que lui seul est doté d’une morale ? Que lui seul a le sens du devoir ? Que lui seul sait respecter l’autre ? Je vois ton sourire. Quelle est cette force qui te permet encore aujourd’hui de sourire ? Tu arrives à sourire malgré tout ce que tu sais de nous. Notre incapacité à prendre conscience de la fragilité de la nature. Notre inaptitude à vivre en bonne intelligence, Hommes fous capables de s’entretuer. D’ailleurs petit clin d’œil pour toi… J’ai rencontré beaucoup d’Hommes pendant ce tour du monde, ayant abandonné leur vie civilisée pour vivre à l’abri de notre folie, au plus près de la nature. Peut-être finalement êtes-vous moins sauvages que nous parfois ?
Allez, le jour se lève. Bouge de là que je prenne ma douche ! Et oui l’homme civilisé se lave à la douche et non pas à coup d’éclaboussures de trompe ! Promis je fais attention à ne pas trop consommer. Je sais que cette eau est aussi la tienne.
Je suis heureux de t’avoir rencontré ici, dans ce petit coin de paradis du Koakoland. Je suis parti autour du monde avec l’idée folle de réconcilier l’Homme avec la nature. Ce matin tu as fait un pas vers moi. Je passerai le restant de mes jours à faire des pas vers toi.
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Bonne pioche!
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Écrit par Eliot
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Dimanche, 04 Juillet 2010 08:54 |
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Philemon à grandi dans le Damaraland, c'est une région au nord-ouest de la Namibie. Il y a vécu avec la vie sauvage depuis tout petit et aujourd'hui son métier est pisteur de rhinocéros (« tracker ») après avoir été comme beaucoup ici chasseur voire braconneur lorsque la chasse était contrôlée. Son métier consiste à localiser les rhinocéros et à les observer dans leur vie quotidienne pour mieux les protéger. Un matin, au lever du soleil, il nous a emmenés en observer un. Nous avons commencé en voiture et puis continué à pied. Quand on s'approche d'un rhinocéros, il faut faire attention à tout. Pour commencer, il ne faut jamais avancer dans sa direction lorsque le vent emporte notre odeur vers lui car il pourrait nous sentir et nous charger ou fuir. Les rhinocéros sont presque aveugle alors leur ouïe et leur odorat sont très aiguisé. Il faut aussi que quelqu'un dans le groupe surveille la faune sauvage autour et derrière nous ; nous avons marché dans des traces d'éléphants, de lions et même de léopards ! Quand Philemon a jugé la distance qui nous séparait du rhinocéros trop faible, on s'est arrêté. Puis on s'est approché vraiment doucement de lui encore de quelques mètres par groupes de deux. A un moment le rhinocéros nous a sentis et s'est énervé mais il ne savait pas quel danger le menaçait. Nous n'avons pas bougé et finalement, il est parti. Depuis le début de notre marche, je ne voyais qu'une tache grise et là, quand on s'est arrêtés à une vingtaine de mètres de cette bête préhistorique, je l'ai vu se lever et derrière lui, il y en avait un autre ! Philemon, en a conclu que c'était une femelle et son bébé. Ça m'a ému de voir deux animaux d'allure préhistorique en voie de disparition. Cette espèce est très proche de l'extinction et d'en voir deux en liberté à quelques dizaines de mètre de nous c'était très fort !
Eliot
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Bonne pioche!
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Écrit par Jules
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Vendredi, 11 Juin 2010 09:04 |
Nous avons vu des jeunes avec des pancartes pour sauver les océans africains. Ils ont tous ramassé plusieurs sac plastiques, canettes, bouchons et plein d'autres déchets. Je trouve que c'est une bonne action de montrer aux jeunes l'état de leurs plages. Après, nous avons vu la mer rejeter ses déchets. Nous avons également vu que les déchets ne venaient pas que d'Afrique du Sud mais de Chine, d'Inde, d'Europe et de pleins d'autres pays. Parce que, quand un enfant ou un adulte dans un autre pays jette un déchet à la mer, il se dit : "oh ça reviendra vers notre plage et on le ramassera" mais pour de vrai, ce déchet peut arriver jusque sur les côtes d' Afrique du sud.
En fait, la terre lance les déchets dans la mer et la mer les rapporte sur la terre.
"Il est possible que quand on nettoie une plage, le lendemain la mer a ramené de nouveaux déchets", nous a raconté le chef de l'équipe qui nettoie la plage. Du coup le travail est à faire tous les jours.
Je pense qu'il faut continuer à sauver la mer. Si tout le monde fait rien qu'un petit geste, c'est comme ça que ça va marcher. Jules. |
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Bonne pioche!
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Écrit par NOUS TOUS !
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Mercredi, 09 Juin 2010 06:37 |
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Dans un mois pile. Dans un mois, le vendredi 9 juillet 2010 à 17h07 à la gare TGV, nous arriverons en terre nantaise. Après des jours, des semaines, des mois et près d’une année autour du monde, nous poserons nos sacs à dos mais ce ne sera pas pour autant la fin de l’aventure Saperliplanète. Cette aventure pédagogique autour du monde nous aura permis de comprendre, de vérifier et de partager l’état de la planète. Ce fut au départ un pari fou et il est – à l’heure qu’il est – en passe d’être réussi. Comment alors et pourquoi d’ailleurs arrêter cette expérience ? Ainsi, le 9 juillet 2010 ce ne sera pas la fin de l’aventure mais bien le début d’une nouvelle histoire.
Nous avons vécu quelque chose d’unique. Nous le mesurons petit à petit grâce à vous tous, enfants de Saperliplanète. En effet ce que nous avons vécu, nous n’avons pas voulu le garder pour nous. Nous l’avons partagé avec tous ceux que l’aventure tentait, et ainsi donc avec vous. Votre amitié fut notre force, nous vous l’avons dit souvent. Elle le fut de façon étonnante durant ce tour du monde. A un mois jour pour jour, nous voulions juste vous dire que nous serons heureux de vous retrouver.
A bientôt.
Les Saperliplanautes |
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Bonne pioche!
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Écrit par Frédéric
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Jeudi, 27 Mai 2010 16:30 |
Une dernière fois. Je voulais essayer une dernière fois avant de partir. Je lui ai lancé ce bout de pain en l’air juste au dessus de ma tête. De ses serres aiguisées il l’a saisi dans un vol dont j’entends encore le souffle. L’aigle était venu à sa manière me dire au revoir. Je me souviendrai longtemps de cet adieu sauvage. C’est toute la Mongolie résumée en un vol. On se regarde, on se juge, on s’apprivoise et on partage jusqu’à l’inimaginable. Le sauvage fait ici partie de la vie. Il faut braver les éléments naturels – le froid, la neige de ce printemps 2010 -, se fondre dans un décor qui livrera - si on accepte de le respecter – tout ou partie de ses secrets. Avant de vivre en terre inconnue, nous avons dû accepter la distance, les heures de route. Comme si ce long chemin n’était en fait qu’une séparation avec la vie d’avant. Histoire d’être prêt à affronter ce nouveau monde. Après plus de trente heures de transsibérien il a fallu donc affronter ces douze heures de voiture sur une piste chaotique et mystérieuse pour rejoindre la vallée d’Orkhon, dans les contreforts de l'Ovörkhangaï. Les enfants allaient enfin en découdre avec le rêve de Mongolie de leurs parents. Et ce rêve fut d’abord un cauchemar. Le chemin rythmé de cadavres. Tantôt un cheval gisait sur un sol glacé, une chèvre dont on ne distinguait que les volutes de ses cornes ou encore un yack nettoyé jusqu’à l’os par ces rapaces comblés. Quel contraste entre la violence de ces gisants et la sérénité des steppes.
Les nomades mongols sont un « peuple-nature ». Un peuple intimement lié à la nature. Qui sait vivre en harmonie, en équilibre. Qui sait aussi que la terre peut beaucoup lui donner mais parfois lui reprendre l’essentiel. La vie, la sienne mais aussi celle de son bétail. Cet hiver, entre cinq et huit millions de chevaux, chèvres et yacks sont morts de froid, de faim et d’épuisement. C’est à dire plus de 10% du cheptel de la Mongolie nomade. Le rassemblement des nomades à la montagne sacrée avait alors cette année un sens particulier. Il étaient là – entre hommes puisque interdit aux femmes - réunis pour célébrer la montagne et lui demander pardon et accepter toutes ces offrandes. Cérémonie d’un autre temps, au cours de laquelle le chant des Lamas nous permettait de nous rapprocher un peu plus du bleu du ciel. Cette couleur si chérie ici, que chaque tas de cailloux – nous y avons posé les nôtres - est vénéré et orné d’écharpes bleues. Parmi les offrandes la plus belle fut la dernière. Le sacrifice suprême fut un cheval. Un cheval offert à la montagne sacrée, un cheval rendu à la vie sauvage. Il sera béni, libéré de ses rênes et laissé libre. Son premier galop de cheval sauvage fut d’une intense émotion. Accompagné des cris des hommes regroupés au sommet de cette montagne divine, ce cheval était libre. Libre comme cet aigle dans le ciel. Libre de survivre ou pas. Nomade. |
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