Jeudi, 11 Mars 2010
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Bonne pioche!
EN LIGNE ! "Planète bleue cherche eau potable", notre 5ème SAPERLIREPORTAGE.
Bonne pioche!
Écrit par Frédéric, Vanessa et les enfants    Mercredi, 03 Mars 2010 15:42    PDF Imprimer Envoyer
Mercredi, 03 Mars 2010 15:42

Voilà ce que nous aimons depuis le début de cette expérience Saperliplanète... Partir à l'aventure grâce à des sujets de reportages qui ouvrent de nouveaux horizons, permettent des rencontres parfois émouvantes mais toujours sincères... et sont le prétexte à partager la vie de nos hôtes. Ainsi, nous nous donnons les moyens de comprendre en profondeur les réalités multiples des populations rencontrées.

Au cours du tournage de ce nouveau Saperlireportage nous avons compris que notre vrai sujet n'était pas tant la ressource en eau mais bien l'accès à une eau potable de qualité. 

Les enfants se sont investis avec beaucoup de sérieux dans ce reportage en ayant travaillé toutes les facettes du cycle de traitement des eaux en allant même jusqu'à suivre les eaux usées et nauséabondes de Pondichery !

Encore une fois, nous vous invitons au coeur des familles indiennes, de leur vie quotidienne. Encore une fois, nous avons souhaité vous offrir des images rares... comme le forage de ce puits à la main, jusqu'à sept mètres de profondeur. Un moment magique pour nous tous.

A la fin de ce saperlireportage, vous aurez le droit de vous poser une seule question: Est-ce bien raisonnable d'utiliser l'eau potable - dans nos pays dits civilisés - pour laver la voiture, remplir la chasse d'eau, ou encore lessiver le carrelage? Notre planète bleue attend une gestion raisonnable de notre part, à la maison, dans nos entreprises et dans nos collectivités.

A très bientôt pour vos commentaires !
 
Ma « Lettre à France »
Bonne pioche!
Écrit par Frédéric    Jeudi, 18 Février 2010 06:55    PDF Imprimer Envoyer
Jeudi, 18 Février 2010 06:55
Cela fait longtemps que je voulais t’écrire.
T’écrire pour te sentir près de moi et t’avouer ce que j’éprouve depuis que je t’ai quittée il y a six mois déjà. Depuis quelques jours je vis face aux montagnes indiennes de Mudumalai, au cœur d’une réserve où la vie sauvage est voisine de tribus qui m’étaient jusque là inconnues.
J’apprends à m’étonner de tout, à m’émerveiller de chaque chose, à vivre chaque instant.
Autour du monde, j’ai d’abord appris à m’éloigner de toi, de mes habitudes d’européen, de mes grilles de lecture d’occidental. C’est un exercice difficile mais je comprends aujourd’hui combien il est nécessaire.

La première chose que je dois t’avouer n’est pas facile à reconnaitre mais il est temps que tu saches cela. Je dois te dire que contrairement à ce que j’ai appris à l’école, tu n’es pas au centre du monde.  Dans chaque pays exploré, chaque culture découverte, je m’amuse à regarder les planisphères accrochés aux tableaux noirs. En Amérique du sud ils se croient au sud du centre du monde. En Australie, ils se dessinent au centre de la carte proche de tout le monde. D’Inde où je suis aujourd’hui, tu apparais comme un tout petit pays en haut à gauche d’une mappemonde que je ne connaissais pas.
Les écoliers que j’ai rencontrés sont heureux d’étudier, ont soif de découvertes mais ne sont pas capables de me citer le nom d’une ville française. Tu te rends compte un peu ?
Peut-être toi - comme tous les autres - avez eu besoin de vous croire au centre du monde. Est-ce à cause de cela que je te trouve si repliée sur toi-même, sur tes propres intérêts ? Et le chemin est court pour celui qui se croit AU centre du monde de se sentir LE centre du monde, tu ne crois pas ?

Finalement je crois que tu devrais avoir plus confiance en toi, en tes vraies et propres forces. Tu n’as pas besoin de te hisser sur tes talonnettes ou de jouer des coudes pour t’affirmer sur « la scène » internationale. Dans les yeux de celles et ceux croisés sur ma route et qui te connaissent un peu, j’ai vu la grandeur de la France. Ils sont admiratifs de tes convictions lorsque ta voix issue des Lumières résonne utile aux quatre coins du globe. Ils sont respectueux de ta République lorsqu’elle reste fidèle à ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité. A ce propos, je dois t’avouer autre chose encore. Ne te fâche pas mais franchement parfois je suis gêné de l’accueil que nous recevons ici et partout. Gêné parce que je ne suis pas certain que tu sois toujours aussi accueillante, aussi ouverte. Gêné et finalement choqué, de ce monde qui ne tourne pas rond où ceux qui n’ont rien donnent tout, et ceux qui possèdent tout partagent si peu.

Tu sortirais grandie si, fidèle à ton Histoire, tu participais à faire taire cette hypocrisie planétaire. Ton identité ne peut être confondue plus longtemps avec la question majeure de l’immigration. Plus je voyage plus je comprends que ta frilosité est vaine, ta peur illusoire. Les pays qui avancent aujourd’hui sont ceux qui ont confiance en eux-mêmes, confiance dans leur capacité à accueillir pour progresser. L’Australie, Le Brésil, L’Inde pour ne citer qu’eux l’ont compris avant toi. Si tu ne le fais pas au nom de la fidélité à tes propres valeurs alors assume ta part au nom de tes propres intérêts !
Ou alors tu continueras de te mentir à toi-même et ne pourras t’étonner de ces millions d’hommes et de femmes qui au péril de leur vie essayeront par tous les moyens de rejoindre « la qualité de vie à la française ». Même si cette qualité de vie à la française se résume trop souvent à une caravane au milieu d’un terrain désaffecté, un baraquement de fortune ou un foyer et autres logements d’urgence, ils savent que cela vaudra toujours mieux que l’errance sans filet sur les marges du monde.

Tu le comprends, je suis encore plus convaincu aujourd’hui que le monde n’est qu’un. Tu auras beau te rassurer en t’inventant une bulle à coup de classifications savantes, érigées comme autant d’illusoires protections – tiers monde, G7, pays industrialisés, sommet des pays riches, club des je ne sais trop quoi – tu es et demeures condamnée à vivre avec tous les autres sur la  même planète.
Peut-être devrais-tu prendre le temps de rencontrer, d’apprendre davantage des autres. Tu serais surpris de l’inventivité, de l’ingéniosité de ces peuples et cultures vivants aux quatre coins du monde.
C’est la dernière chose que je voudrais, dans cette lettre, partager avec toi.
Tu as peut-être un peu trop oublié que la Terre était fragile comme un monde fini aux richesses limitées et non inépuisables. Toi et tes copains du « club des riches » avez vécu sans compter, sans mesurer, au nom de la Prospérité. Mais en même temps, comment t’en vouloir de ne pas en connaître les conséquences alors que tu voyages si peu et que les premières victimes de ces dérèglements s’entassent à mille lieux de chez toi ?
Mais là n’est pas le sujet, revenons à la prospérité. Celle-ci ne peut se résumer au profit (im)pur et simple, sans foi ni loi. Et la prospérité de quelques-uns ne peut suffire à développer ce « vivre ensemble » dont tu te gargarises à longueur de discours. Ceci est d’ailleurs aussi vrai à l’échelle du monde qu’au sein même de ton propre pays.

J’ai vécu quelques expériences intéressantes en partageant la vie de peuples aux traditions ancestrales, des cultures de « peuples-nature ». Le « vivre ensemble » est compris comme la vie entre les hommes bien sûr mais aussi comme la vie en harmonie avec la nature.
Bien entendu je n’attends pas de toi de te replier (encore !) dans une nostalgie éclairée à la bougie, mais je crois que nous avons à apprendre, à redécouvrir ce que permet un respect plus sincère de la terre et de la nature. Après le temps de la prospérité infantile nous devons passer à la prospérité raisonnable avec un objectif qui m’est cher : la solidarité. Solidarité dans le temps – à savoir avec les générations futures - mais aussi dans l’espace, avec les autres peuples de ce même village planétaire.

Chère France,
Je dois te laisser. J’espère que tu comprendras ma lettre. Elle n’est qu’une déclaration d’amour, prends-la comme ça.
Bonjour aux enfants en espérant qu’ils aient le même bonheur d’apprendre, la même soif de réussir et les mêmes sourires que ceux que je rencontre ici.
Quant aux miens, tu vas les trouver changés. Eliot, Jules et Anatole reviendront des idées plein les poches. J’espère que tu pourras compter sur leur génération pour retrouver le goût d’être utile et agréable au monde.


Respectueusement,

Frédéric.
 
Vertiges de l'Inde
Bonne pioche!
Écrit par Frédéric    Vendredi, 05 Février 2010 03:05    PDF Imprimer Envoyer
Vendredi, 05 Février 2010 03:05
Pour la première fois nous sommes au nord de l’équateur après des mois dans l’hémisphère sud. Pour la première fois nous avons un décalage horaire le plus faible avec la France. Et pourtant je ne me suis jamais senti aussi éloigné de mon petit village des bords de Loire.
En fait à plusieurs reprises je me suis retrouvé à mille lieux de chez moi lorsque j’étais dans les glaciers de Patagonie, dans la forêt Amazonienne, dans les Andes chiliennes ou plus récemment sur les plages australiennes. Mais là c’est un vertige de plus. Ce n’est ni la glace, ni la forêt, ni l’eau, ni les montagnes qui me transportent mais la ville. Bienvenue à MUMBAI.
Tumulte. Voilà le mot qui m’est venu à la bouche. La sonnette du promeneur à vélo ne peut cacher le bruit assourdissant de la circulation automobile, le parfum de cet art floral ancestral ne peut déjouer les odeurs nauséabondes de quartiers surpeuplés, le sourire attendrissant d’un enfant de la rue ne peut dissimuler la misère profonde et insoluble, les palais imposants ne peuvent à eux seuls assurer le décor d’une ville millionnaire et fragilisée par le temps, le bon air de la mer d’Oman ne peut éclipser une pollution de mauvais augure.
Finalement, en s’accrochant, de la sonnette de vélo aux doux parfums des fleurs, du sourire d’un enfant à la beauté de l’architecture indienne en passant par la brise vivifiante du large, j’arrive à supporter le reste, l’autre face parfois révoltante de cette mégapole fascinante. Je me surprends même à aimer Mumbai.

Découvrir la ville à pied et le privilège du routard. C’est là que nous apprécions, prenons le temps de rencontrer, de « humer» la ville. Mais je dois avouer que mon petit délire à moi est tout autre. Calé sur la banquette arrière de ces milliers de fourmis jaunes et noires pétaradantes, je pourrais parcourir Mumbai de long en large et en travers comme un travelling géant des meilleurs films bollywoodiens ! Je crois que c’est même le meilleur endroit pour vivre Mumbai. Ces taxis hors d’âge sont à la fois les serviteurs zélés du tumulte indien et une ode à la vie.
Au beau milieu des 17 millions d’habitants, nous vivons une nouvelle leçon grandeur nature sur le développement avec un très grand D.
 


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